Les niveaux de transparence salariale décrivent la quantité d’informations sur la rémunération qu’une organisation partage, et avec qui : de la rémunération confidentielle, où seuls les RH connaissent les chiffres, à la transparence des processus, aux fourchettes salariales internes, aux fourchettes dans les offres d’emploi et, à l’extrême, aux salaires individuels entièrement publics. La plupart des entreprises n’ont pas besoin d’atteindre le niveau le plus élevé. Elles doivent choisir le niveau adapté à leur contexte, en poser les fondations et bien l’expliquer.
En Europe, ce choix n’est plus entièrement libre. La directive européenne sur la transparence des rémunérations (2023/970) fixe un niveau minimum qui s’applique à mesure que chaque État membre la transpose en droit national : des critères de rémunération accessibles aux salariés, le droit de demander des informations sur la rémunération par sexe, l’interdiction des clauses de confidentialité salariale et des fourchettes de rémunération communiquées aux candidats avant l’entretien. Tout ce qui dépasse ce socle relève d’un choix stratégique.
Ce guide vous propose un modèle de maturité en cinq niveaux, le met en regard de la directive, montre où en sont aujourd’hui les employeurs de dix pays européens grâce aux données TalentUp sur les offres d’emploi, et se termine par un tableau de décision, un modèle de politique et un plan de communication pour les managers et les salariés.
Points clés
- La transparence salariale compte cinq niveaux : confidentiel, processus, fourchettes internes, fourchettes dans les offres d’emploi et salaires publics. Chaque niveau exige les fondations du précédent.
- Une fois transposée, la directive européenne fixe un socle correspondant à peu près au niveau 2 plus des informations salariales pour les candidats, et elle interdit les clauses de confidentialité salariale : le niveau 0 n’est donc plus une option.
- Dans les données TalentUp 2026, seuls le Royaume-Uni et les Pays-Bas indiquent le salaire dans près de la moitié des offres d’emploi ou plus ; dans la moitié des 10 pays analysés, moins d’une offre sur 4 mentionne un salaire.
- Choisissez votre niveau selon la juridiction, la taille, la maturité de votre structure de rémunération et les résultats de votre audit d’équité, puis formalisez-le dans une politique de transparence salariale et informez d’abord les managers.
Les 5 niveaux de transparence salariale
La transparence salariale se conçoit mieux comme une échelle que comme un interrupteur. Chaque marche partage davantage d’informations avec davantage de personnes, et chaque marche ne fonctionne que si la précédente est solide : publier des fourchettes n’a aucun sens si personne ne sait expliquer comment la rémunération est fixée à l’intérieur.
| Niveau |
Ce que vous partagez |
Qui y a accès |
Prérequis |
Typique pour |
| 0. Rémunération confidentielle |
Rien au-delà du contrat du salarié ; les discussions sur la rémunération sont découragées |
RH et dirigeants |
Aucun |
Organisations traditionnelles ; incompatible avec la directive une fois transposée |
| 1. Transparence des processus |
Philosophie de rémunération, mode de fixation des salaires, critères d’augmentation, de primes et de promotion |
Tous les salariés |
Politique et critères de rémunération documentés |
Première étape pour la plupart des entreprises |
| 2. Fourchettes internes |
Fourchette salariale du poste de chaque salarié, puis de tous les postes et niveaux |
Tous les salariés |
Architecture des emplois, grilles salariales benchmarkées, audit d’équité |
Le socle pratique pour les employeurs de l’UE |
| 3. Fourchettes dans les offres d’emploi |
Fourchette d’embauche de chaque poste vacant, publiée à l’externe |
Candidats et marché |
Niveau 2 en place, fourchettes cohérentes avec les salaires actuels |
Employeurs en concurrence pour les talents ; obligatoire dans certaines juridictions |
| 4. Salaires publics |
Rémunération individuelle de chaque salarié, souvent avec la formule qui la détermine |
Tous les salariés, parfois le public |
Rémunération fondée sur une formule, données très propres, culture de l’ouverture |
Organisations petites ou à mission |
Niveau 0 : rémunération confidentielle
Seuls les RH et quelques dirigeants connaissent les chiffres, les salariés sont dissuadés de comparer leurs rémunérations et les contrats peuvent contenir des clauses de confidentialité salariale. Cela paraît sûr, mais les salariés en sont réduits aux suppositions, et les suppositions sont souvent pires que la réalité. Une fois la directive transposée, les clauses contractuelles qui empêchent les travailleurs de divulguer leur rémunération ne sont plus autorisées : dans l’UE, le niveau 0 a donc une date d’expiration.
Niveau 1 : transparence des processus
Vous expliquez comment la rémunération est décidée sans publier les chiffres : votre philosophie de rémunération (au-dessus, au niveau ou en dessous du marché), les facteurs qui déterminent la rémunération, le lien entre performance, augmentations et primes, et le calendrier des révisions. C’est le niveau le moins coûteux à atteindre et celui qui rend tous les autres crédibles.
Niveau 2 : fourchettes internes
Les salariés voient la fourchette salariale de leur propre poste et niveau et, dans une version plus avancée, les fourchettes de tous les postes, ce qui leur permet de savoir ce que rapporte l’étape suivante. Cela suppose une architecture des emplois (postes regroupés en familles et en niveaux) et des grilles salariales construites à partir de données de marché. Notre guide sur les salaires du marché face à l’équité interne explique comment concilier les deux lorsque vous les construisez.
Niveau 3 : fourchettes dans les offres d’emploi
Vous publiez la fourchette d’embauche de chaque poste vacant. Votre structure est alors exposée aux candidats, aux concurrents et, surtout, à vos propres salariés, qui compareront l’offre avec leur fiche de paie. Notre article sur les offres d’emploi avec salaire transparent explique comment rédiger la fourchette, quelle largeur lui donner et quelles règles s’appliquent aux États-Unis et au Canada.
Niveau 4 : salaires publics
Chacun peut voir ce que gagnent tous les autres. Cela fonctionne pour un petit nombre d’organisations dont la rémunération repose sur une formule et dont les données sont très cohérentes. Pour la plupart des employeurs, cela soulève des questions de confidentialité et de protection des données sans grand bénéfice par rapport à un niveau 2 ou 3 bien mis en œuvre.
Types de transparence salariale : processus, résultats et communication
Vous verrez aussi la transparence salariale découpée en types plutôt qu’en niveaux. La transparence des processus porte sur la manière dont la rémunération est décidée, la transparence des résultats sur les chiffres réels (fourchettes ou salaires individuels) et la transparence de la communication sur la liberté de parler de sa rémunération. Les cinq niveaux combinent les trois : le niveau 1 est de la pure transparence des processus, les niveaux 2 à 4 ajoutent progressivement de la transparence des résultats, et la fin des clauses de confidentialité salariale relève de la transparence de la communication.
Ce que la directive européenne fixe comme socle
La directive ne demande à aucun employeur de publier les salaires individuels. Elle fixe un niveau minimum de transparence qui se situe à peu près au niveau 2, plus des informations salariales pour les candidats. Ces obligations s’imposent aux employeurs par le biais des lois nationales, une fois que chaque État membre a transposé la directive.
| Obligation de la directive |
Article |
Niveau correspondant |
| Les candidats reçoivent la rémunération initiale ou sa fourchette avant l’entretien, dans l’avis de vacance ou autrement |
Art. 5 |
Niveau 3 (sans forcément la publier dans l’offre) |
| Les employeurs ne peuvent pas interroger les candidats sur leur historique de rémunération |
Art. 5 |
Règle de processus pour le recrutement |
| Les critères utilisés pour déterminer la rémunération, les niveaux de rémunération et la progression salariale sont facilement accessibles aux travailleurs, objectifs et non sexistes |
Art. 6 |
Niveau 1 (les États membres peuvent exempter les employeurs de moins de 50 travailleurs de la partie relative à la progression) |
| Les travailleurs peuvent demander par écrit leur niveau de rémunération individuel et les niveaux de rémunération moyens ventilés par sexe des travailleurs effectuant le même travail ou un travail de même valeur ; l’employeur doit répondre dans un délai de deux mois et informer chaque année les travailleurs de ce droit |
Art. 7 |
Proche du niveau 2 |
| Les travailleurs ne peuvent pas être empêchés de divulguer leur propre rémunération ; les clauses de confidentialité salariale sont interdites |
Art. 7 |
Met fin au niveau 0 |
| Rapport sur l’écart de rémunération entre femmes et hommes : 250 travailleurs et plus, chaque année à partir du 7 juin 2027 ; 150 à 249, tous les trois ans à partir du 7 juin 2027 ; 100 à 149, tous les trois ans à partir du 7 juin 2031 |
Art. 9 |
Obligation de reporting, indépendante de votre niveau |
| Évaluation conjointe des rémunérations si un écart de 5 % ou plus dans une catégorie de travailleurs n’est pas justifié par des critères objectifs et non sexistes et n’est pas corrigé dans les six mois |
Art. 10 |
Obligation de reporting |
Deux autres éléments modifient le calcul du risque. Dans les affaires de discrimination salariale, la charge de la preuve incombe à l’employeur : une structure que vous ne savez pas expliquer constitue un risque à n’importe quel niveau. Et puisque les salariés peuvent de toute façon demander la rémunération moyenne par sexe de leur catégorie, garder les fourchettes secrètes protège moins qu’il n’y paraît.
Laura Voinea, qui apporte plus de 20 ans d’expérience en direction RH au cabinet de conseil allemand UPFLINX, estime que la vraie question est de savoir où s’arrête la transparence et où commence la confidentialité légitime :
Laura VoineaStrategic HR & Talent Innovation, Start-Up & Leadership Coach, UPFLINX
La directive européenne sur la transparence salariale ne signifie pas que le salaire de chaque salarié devient une information publique. Mais elle relève les attentes en matière d’accès à l’information, de critères de rémunération objectifs, de travail comparable et d’explication des écarts de rémunération. […] Car la transparence fonctionne bien mieux lorsque chacun comprend ce qui peut être partagé, ce qui doit rester confidentiel, et pourquoi.
La date limite de transposition était le 7 juin 2026, mais la mise en œuvre est inégale : en septembre 2026, Euronews indiquait que seuls cinq États membres (Italie, Slovaquie, Malte, Lituanie et Grèce) avaient transposé la directive, et que l’Allemagne avait reporté sa loi au début de 2027. Vérifiez la loi nationale de chaque pays où vous employez du personnel, car elle peut aller plus loin que la directive. Pour l’ensemble des obligations, consultez notre guide de conformité à la directive européenne sur la transparence salariale et notre présentation de la loi européenne sur la transparence salariale de 2026 et son calendrier.
Quel est le niveau de transparence des employeurs aujourd’hui ? Données TalentUp
Les offres d’emploi sont le signal le plus visible du niveau de transparence d’un employeur. Nous avons mesuré la part des offres d’emploi qui indiquent un salaire dans dix pays européens entre janvier et septembre 2026.
~58 %
des offres d’emploi au Royaume-Uni indiquent un salaire, la part la plus élevée de notre échantillon
5 pays sur 10
ont moins d’une offre d’emploi sur 4 avec un salaire
44 %
des offres qui indiquent la rémunération utilisent une fourchette plutôt qu’un montant unique
Source : base de données TalentUp des offres d'emploi, janvier–septembre 2026. Estimations minimales, voir la méthodologie ci-dessous.
| Pays |
Offres indiquant un salaire, 2026 |
Niveau de transparence |
| Royaume-Uni |
~58 % |
Élevé |
| Pays-Bas |
~50 % |
Élevé |
| Pologne |
~35 % |
Moyen |
| Espagne |
~27 % |
Moyen |
| France |
~25 % |
Moyen |
| Allemagne |
~22 % |
Moyen |
| Irlande |
~21 % |
Moyen |
| Belgique |
~19 % |
Faible |
| Italie |
~17 % |
Faible |
| Portugal |
~11 % |
Faible |
Niveaux : Élevé = 40 % ou plus des offres indiquent un salaire ; Moyen = 20–39 % ; Faible = moins de 20 %.
Trois conclusions pour choisir votre niveau :
- Le niveau 3 reste un facteur de différenciation dans la majeure partie de l’UE. En dehors du Royaume-Uni et des Pays-Bas, environ trois offres d’emploi sur quatre, voire plus, n’indiquent pas la rémunération : publier une fourchette crédible permet donc encore à une offre de se démarquer.
- La réglementation fait bouger les lignes. La Pologne, où les candidats doivent recevoir les informations salariales avant le premier entretien depuis décembre 2025, est nettement en tête des marchés de l’UE après les Pays-Bas.
- Lorsque les employeurs partagent la rémunération, la fourchette est déjà le format le plus courant : au moins 44 % des offres avec salaire utilisent une fourchette plutôt qu’un montant fixe, en comptant les salaires écrits dans le texte de l’offre comme ceux des champs structurés. La fourchette est ce que la directive demande aux employeurs de justifier par des critères objectifs : c’est donc le format à préparer.
Il n’existe pas de niveau idéal universel. Cinq questions permettent de cerner rapidement le bon :
- Où employez-vous du personnel ? Dans les pays de l’UE qui ont transposé la directive, les niveaux 0 et 1 seuls ne suffisent pas. Dans certains États américains et provinces canadiennes, les fourchettes dans les offres d’emploi sont obligatoires.
- Quelle est votre taille ? Les obligations de reporting de la directive commencent à 100 travailleurs, et les États membres peuvent exempter les employeurs de moins de 50 travailleurs des critères de progression salariale. Les grands employeurs ont aussi davantage de comparaisons à justifier.
- Quelle est la maturité de votre structure de rémunération ? Sans architecture des emplois ni grilles benchmarkées, vous ne pouvez pas publier des fourchettes défendables. Construisez-les d’abord ; notre guide sur le benchmark salarial pour se conformer à la transparence salariale explique comment.
- Que révèle votre audit d’équité ? Si des personnes occupant le même poste sont rémunérées différemment pour des raisons que vous ne pouvez pas expliquer par des critères objectifs et non sexistes, corrigez les écarts avant de partager davantage.
- Quelle est la concurrence sur votre marché du recrutement ? Là où les candidats attendent des fourchettes et où peu de concurrents en publient, le niveau 3 peut attirer des candidatures mieux ciblées.
Tableau de décision
| Votre contexte |
Niveau recommandé |
Première étape |
| Employeur de l’UE, sans architecture des emplois, rémunération fixée au cas par cas |
Niveau 1 maintenant, niveau 2 sous 12 mois |
Documenter les critères de rémunération et construire les familles et niveaux d’emplois |
| Employeur de l’UE avec des grilles, mais sans audit d’équité récent |
Niveau 2 en interne ; niveau 3 après l’audit |
Réaliser un audit d’équité salariale par poste et par sexe et corriger les écarts inexpliqués |
| Employeur de l’UE avec des grilles benchmarkées et un audit concluant |
Niveau 3 |
Publier les fourchettes d’embauche dans les offres et informer les managers avant le lancement |
| Employeur de 100 travailleurs ou plus dans l’UE |
Au moins le niveau 2 |
Préparer le rapport sur l’écart de rémunération entre femmes et hommes et un processus pour les demandes d’informations |
| Moins de 50 salariés, postes simples |
Niveau 2, ou niveau 4 si la rémunération suit une formule |
Formaliser par écrit la fixation des salaires ; vérifier si la loi nationale vous exempte des critères de progression |
| Recrutement dans des États américains ou provinces canadiennes dotés de lois sur les offres d’emploi |
Niveau 3 pour ces postes |
Aligner la fourchette publiée sur vos grilles internes pour le même poste |
| Multinationale présente dans plusieurs juridictions |
Une politique globale au niveau 2, niveau 3 là où c’est obligatoire ou utile |
Définir un minimum commun et ajouter les exigences locales pays par pays |
Une politique de transparence salariale traduit le niveau choisi en règles applicables. Elle doit être courte, précise et cohérente avec votre loi nationale. Ce plan peut servir de modèle :
- Objectif et périmètre. Pourquoi vous partagez des informations sur la rémunération, quelles entités, quels pays et quelles catégories de salariés la politique couvre, et le niveau de transparence auquel vous vous engagez.
- Philosophie de rémunération. Votre positionnement sur le marché (au-dessus, au niveau ou en dessous), les données de marché que vous utilisez et leur fréquence de mise à jour.
- Architecture des emplois. Comment les postes sont regroupés en familles et en niveaux, et comment un poste est rattaché à un niveau.
- Fourchettes salariales. Comment les fourchettes sont construites, quelle est leur largeur, qui les approuve et quand elles sont révisées.
- Fixation et évolution de la rémunération. Des critères objectifs et non sexistes pour la rémunération à l’embauche, les augmentations, les promotions et les primes, ainsi que le calendrier des révisions.
- Ce qui est partagé, et avec qui. Par exemple : sa propre fourchette pour tous les salariés, toutes les fourchettes sur l’intranet, les fourchettes d’embauche dans les offres d’emploi, les critères de rémunération dans le règlement interne.
- Règles de recrutement. Fourchettes communiquées aux candidats avant l’entretien, aucune question sur l’historique de rémunération, intitulés de poste et offres non sexistes.
- Demandes d’informations des salariés. Comment demander des informations sur la rémunération individuelle et moyenne par sexe, qui répond et dans quel délai (deux mois selon la directive).
- Rôles et responsabilités. Ce que font respectivement les RH, les managers et la direction, y compris qui peut approuver une rémunération hors fourchette.
- Protection des données et confidentialité. Comment les données de rémunération sont stockées, qui y a accès et comment les données individuelles sont protégées lorsque des moyennes sont partagées.
- Rapport sur les écarts de rémunération et mesures correctives. Pour les employeurs concernés : ce que vous déclarez, à quel moment et comment les écarts inexpliqués sont corrigés.
- Cycle de révision et contact. Quand la politique est révisée et à qui les salariés peuvent adresser leurs questions.
La plupart des projets de transparence qui échouent butent sur la communication, pas sur les données. Informez d’abord les managers, puis les salariés, et seulement ensuite les candidats.
D’abord les managers
- Donnez aux managers les fourchettes, les critères et la position de leur équipe dans les fourchettes quelques semaines avant que les salariés ne voient quoi que ce soit.
- Formez-les aux questions qu’on leur posera, notamment pour expliquer où se situe une personne dans une fourchette et ce qu’il faut pour progresser.
- Dites-leur ce qu’ils ne peuvent ni dire ni demander, par exemple interroger les candidats sur leur historique de rémunération là où la directive s’applique.
- Prévoyez une voie d’escalade pour les cas auxquels ils ne savent pas répondre, comme un salarié en dessous de la fourchette.
Ensuite les salariés
Annoncez le changement par un message clair qui précise ce qui sera partagé, pourquoi, comment la rémunération est décidée et à qui s’adresser en cas de question, puis organisez des sessions d’équipe animées par les managers. Publiez une FAQ interne et mettez-la à jour avec les vraies questions reçues.
| Question du salarié |
Comment répondre |
| « Pourquoi suis-je moins payé que ce qu’indique l’offre d’emploi ? » |
Expliquer les critères qui situent la rémunération dans la fourchette et, si l’écart n’est pas justifié, le plan de correction et son calendrier |
| « Pourquoi ma fourchette est-elle inférieure à celle d’une autre équipe ? » |
Montrer comment les postes sont nivelés et benchmarkés par rapport au marché pour cette famille d’emplois |
| « Comment progresser dans ma fourchette ? » |
Relier la progression aux critères documentés : performance, compétences et périmètre |
| « Puis-je voir ce que gagne mon collègue ? » |
Indiquer ce que la politique partage ; selon la directive, les salariés peuvent demander la rémunération moyenne par sexe de leur catégorie, pas la rémunération individuelle d’un collègue |
| « Puis-je dire aux autres ce que je gagne ? » |
Oui ; une fois la directive transposée, les clauses contractuelles qui l’empêchent ne sont plus autorisées |
Rachael Dodic, consultante britannique en rémunération et fondatrice de Horizon Reward & People Solutions, résume ce que les managers doivent savoir faire passer lorsque les salariés commencent à comparer leurs rémunérations :
Rachael DodicHR Reward Consultant, Founder, Horizon Reward & People Solutions
Il peut y avoir des raisons valables pour que deux personnes occupant le même poste au même niveau soient payées différemment. L’essentiel est de pouvoir expliquer pourquoi cet écart existe. […] L’équité salariale ne consiste pas à supprimer toutes les différences. Elle consiste à s’assurer que les différences existantes sont justes, fondées sur des éléments probants et défendables.
Erreurs fréquentes lors du passage au niveau supérieur
- Partager les chiffres avant de les auditer. Publier des fourchettes que les salaires actuels ne respectent pas met les écarts en lumière du jour au lendemain.
- Sauter le niveau 1. Des fourchettes sans critères incitent chaque salarié à revendiquer le haut de la grille.
- Des fourchettes trop larges pour signifier quoi que ce soit. Une fourchette dont le maximum vaut le double du minimum n’apprend rien à personne et se justifie difficilement.
- Des réponses incohérentes de la part des managers. Un seul manager mal préparé peut ruiner des mois de préparation.
- Traiter le sujet comme un projet ponctuel. Les fourchettes s’éloignent vite du marché ; révisez-les au moins une fois par an.
Pour approfondir ce qui peut mal tourner, lisez La transparence salariale peut-elle se retourner contre vous ?, et pour une vue stratégique pays par pays, consultez la transparence salariale en Europe. Si vous avez besoin de données de marché pour construire des fourchettes défendables, commencez par le benchmark salarial gratuit pour la transparence salariale ou découvrez comment TalentUp construit ses données salariales.
Sources